Hyoho Niten Ichi Ryu

musashi2

Miyamoto Musashi, autoportrait

L’école des deux sabres de Miyamoto Musashi… J’en parle un peu sur ma page de présentation, il s’agit de l’art martial que je pratique, mais vu l’importance que cette étude représente pour moi et la place qu’elle prend dans ma vie, il me paraissait nécessaire d’y consacrer un article et vous dire pourquoi je l’aime autant.

Je ne vais pas vous faire un cours théorique ou vous raconter l’histoire de l’école et de son fondateur, vous trouverez des renseignements bien plus précis sur le site français de l’école ou même sur wikipédia. Non, je vais plutôt aborder les éléments qui me touchent tout particulièrement et qui font que je donne tout ce dont je suis capable pour l’étude et l’apprentissage du kenjutsu de Musashi.

Le commencement

Depuis tout jeune je suis fasciné par les arts martiaux, de toutes origines, et si j’ai commencé par le judo qui m’a laissé une forte empreinte, le hasard aurait très bien pu faire qu’une autre discipline soit à la base de cette passion. Au cours de ma vie j’ai eu ensuite l’occasion de pratiquer d’autres arts martiaux : la boxe française, un peu d’anglaise, les arts martiaux anciens européens, et un peu d’aïkido.

musashi

Ce parcours quelque peu chaotique m’a finalement emmené au sabre où tout a débuté par une rencontre. Un ami m’a parlé de la Hyoho Niten Ichi Ryu alors que j’étais en pleine recherche d’une nouvelle discipline et m’a conseillé de venir faire un cours d’essai. A mon arrivé à ce cours j’ai donc fait la rencontre de Nguyen Thanh Thiên senseï, qui est depuis mon professeur. Il n’y eut que très peu de mots échangés à cette occasion : il s’agit d’une koryu, une école ancienne, avec un enseignement traditionnel où le maître n’explique pas, il montre et l’élève doit faire de son mieux pour observer, apprendre et restituer. J’étais complètement perdu dans la technique ce jour là, et le suis encore parfois, et quand le senseï m’a demandé mon ressenti et que je lui en ai fait part, il m’a répondu que c’était le privilège du débutant que d’être perdu. Peu de mots encore mais tellement de sens ! En sortant j’avais au moins compris une chose, je reviendrai la semaine d’après, et les suivantes, car j’avais trouvé ma voie.

Toute une vie d’étude

KobokumeigekizuDepuis que j’ai commencé, j’ai énormément appris, en suivant les conseils du senseï, en pratiquant avec mes condisciples ou seul. L’école des deux sabres est un véritable engagement, à mon sens on ne peut pas en emprunter le chemin et faire dans la demie mesure, ce n’est pas une pratique de loisir mais une véritable étude qui demandera de longues années avant d’en appréhender tous les enseignements. Faire moins serait se mentir à soi même sur sa volonté et offenser son professeur. On dit parfois que ce qui compte c’est le voyage et pas la destination, je trouve cet adage particulièrement vrai pour notre école.

Ce qui m’attire, me retient, me donne envie de poursuivre autant que possible, c’est en premier lieu la manière d’enseigner de Nguyen senseï ; il est toujours exigeant et juste, peut sembler intransigeant, mais toutes ses consignes, la direction qu’il nous donne, tout est fait pour que nous progressions de la meilleure manière possible, en réalité il est généreux avec nous et cette générosité force le respect.

DSCN0293Pendant l’apprentissage, l’énergie est essentielle. L’énergie que je dépense dans le dojo doit être entière et sincère. Comme je le disais plus haut, il n’y a pas de demie mesure, je reçois en cours tout ce dont j’ai besoin pour pratiquer, je dois le rendre par ma présence et mon engagement avec autant de générosité. Le respect et la dignité sont aussi des points cruciaux de la discipline, c’est très japonais mais c’est pourtant à la fois très œcuménique ; je veux dire par là qu’il ne s’agit pas que d’une attitude à avoir pendant le keiko, mais qu’il s’agit de l’être fondamentalement, on ne vient pas avec la volonté de détruire mais avec celle de construire, et tout se fait en étant fidèle au maître.

Depuis cette année, j’ai la chance et l’immense honneur d’avoir pu mettre en place un groupe d’étude sur ma commune avec l’autorisation de mon senseï. Là encore c’est un apprentissage en continu au delà de mon devoir envers l’école de lui rendre de cette manière tout ce qu’elle m’apporte. C’est une lourde responsabilité qui apporte son lot d’écueils mais aussi de satisfactions, et qui d’une autre manière me fait également progresser sur la voie que j’ai choisie. Aller, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous une petite vidéo prise au cours d’une démonstration au forum des associations de cette année, grâce notamment à la disponibilité et l’amabilité du personnel de la mairie qui m’a accordé toute sa confiance :

Et en dehors du dojo ?

J’ai d’autres passions que le sabre dans la vie, vous le savez car elles sont sur ce blog, mais toutes s’entrecroisent et même s’alimentent. Tout l’enseignement que je reçois au kenjutsu est aussi dans certaines mesures une leçon de vie, mais il m’apporte aussi une colossale inspiration. Lorsque j’écris pour du jeu de rôle, j’ai une vision plus claire de ce que peut être un combat à l’arme blanche pour nombre de jeux médiévaux, j’ai également approfondi ma connaissance de la culture japonaise et de Miyamoto Musashi même si j’avais déjà lu le Gorin no sho avant de pratiquer et que je connaissais l’histoire de ce samouraï invaincu, mais ça restait purement théorique. Si jamais vous lisez ou jouez à Shayô, beaucoup d’éléments de ma participation au jeu ont été notablement influencés par ma pratique !

 En GN aussi j’ai pu constater que j’avais été marqué par mon engagement dans l’école des deux sabres. Le keiko est un combat, même si les mouvements sont codifiés, les techniques annoncées. Mais tout ce que j’ai appris, la répétition des mouvements, tout cela était-il applicable dans d’autres conditions, je me posais la question. Et bien la réponse est oui ! Je me suis surpris lors du dernier événement auquel j’ai participé, le GN Terrazone (mais si, celui où vous m’avez vu en samouraï panda !). Dans les différents affrontements en jeu auxquels j’ai participé, je me suis rendu compte que je réagissais instinctivement avec des mouvements de niten, et que cette technique était redoutablement efficace !

Le mot de la fin

Alors que je relis l’ensemble des lignes précédentes, je me rends compte que même en voulant faire court j’ai laissé ma prose couvrir la page blanche et que l’article est long. Pourtant j’ai le sentiment d’avoir à peine abordé le sujet tant il y a à dire, tant l’expérience que je vis grâce à mon senseï est enrichissante. Si ce texte vous a plu, que vous êtes arrivés au bout et que vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à en discuter avec moi en commentaires ou via le formulaire disponible sur la page de mon profil, ou encore en approfondissant votre recherche par vous même, exactement ce que je fais lorsque je pratique seul, sur les deux liens en début d’article ou en cherchant d’autres sources.

Pour terminer en beauté, une photo de la pratique en montagne pendant un stage au Kaze no Tani Kan, dans les Hautes Pyrénées.

DSCN0310

Photographies Angélique Porchet © 2015

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s