Les fins du monde

Apocalypse zombie

L’éditeur Edge a prévu de traduire 5 JDR thématiques sur la fin du monde, et le premier à sortir, vous l’avez sous les yeux, c’est : La fin du monde Apocalypse Zombie ! Forcément, vous me connaissez un peu maintenant, les zombies ça fait partie des trucs auxquels je suis accro, d’ailleurs sur la photo le jeu est bien entouré par une partie de ma dvdthèque…

Le principe de ce premier opus, qui sera le même pour chacun des 4 suivants, est simple : comment survivriez vous à l’apocalypse ? Parce qu’ici, on ne s’invente pas un alter ego, non, ici on se joue soi-même ! Toujours là ? Alors, vous avez quoi sur vous ? Quelques dés, une gomme et un crayon… Bah j’crois pas que vous allez faire long feu pendant l’apocalypse. J’aime beaucoup ce principe, c’est d’ailleurs ce qui m’a fait acheter ce jeu. Pour la création de personnage, c’est assez simple, quelques points à répartir entre 6 caractéristiques puis un système vote des autres joueurs pour savoir si vous vous êtes correctement estimé  (« Non, Michel, ton 5 en dextérité il n’est pas crédible, t’es à peine capable d’ouvrir un yaourt sans te blesser »). Si c’est le cas pas de problème, en revanche si vous vous êtes sous- ou sur-estimé, vous montez ou baissez votre carac’ en conséquence mais y gagnez un trait négatif ou positif. Et puis vous prenez aussi quelques traits positif et négatifs, genre Aucun sens de l’orientation, Coureur de fond, etc…

Comment on joue ?

Le système de jeu en lui-même me paraît plutôt simple et efficace, mais je ne lui ai pas encore fait passer l’épreuve du feu. Pour réussir une action à la base on lance un dé (que des D6) et il suffit de faire un score égal ou inférieur à sa caractéristique pour réussir. Pour chaque avantage possible, on rajoute un dé « positif », si j’ai un trait correspondant à l’action par exemple, ou si je tire à bout portant, ou encore si un pote m’aide. Et pour chaque désavantage, je lance un dé négatif (un trait applicable, une condition particulière ou autre). C’est là ou ça devient sympa, à la lecture des dés : chaque chiffre multiple est écarté, et on conserve juste les dés seuls. S’il reste au moins un dé positif, c’est tant mieux, l’action est réussie, et plus il y a de succès, meilleur c’est. Chaque dé négatif restant rapporte un point de stress ! Je vous le disais, simple et efficace, aller, j’vous donne un exemple :
Kevin tente de sauter d’un toit à un autre pour semer des zombies. Il a 3 en Dextérité, et gagne un dé positif pour son trait « champion scolaire de gym ». Le MJ lui rappelle qu’il a aussi le trait « vertige », que les toits sont glissants et que son sac à dos rempli de conserves est plutôt lourd… Kevin lance donc 2 dés positifs (2, 4) et 3 dés négatifs (1, 4, 5). On retire les dés multiples (les 4) et il reste donc 1 réussite et 2 dés négatifs. Kevin échappe donc aux zombies mais encaisse 2 cases de stress !

WP_20161030_19_24_40_ProDans le jeu on appelle stress les points de vie, de moral de volonté… Il y a trois jauges d’attrition qui sont impactées par les actions des joueurs mais aussi par des menaces extérieures. Le stress physique pour les blessures, le stress mental pour la santé mentale et le stress social pour la foi en la nature humaine. L’astuce bien trouvée c’est le fait que plus la jauge de stress est pleine, plus le personnage y devient résistant. J’aime beaucoup. En tout cas le système a l’air bien foutu et il me semble totalement raccord à l’univers de jeu, il va vraiment falloir que je teste ça autour d’une table. Le combat ne complexifie pas des masses, on prend la même base et on applique !

Alors, il est vraiment bien ce jeu ?

Tout au long de ma lecture, j’étais vraiment enthousiaste à la découverte de « La fin du monde », le background pile dans mes cordes, le système simple et efficace, d’aucun lui trouveront même une certaine élégance. A la suite de la présentation du système pour les joueurs, on trouve une partie réservée au MJ qui explique comment gérer la partie, quand demander des confrontations de stress au joueurs, etc… Du classique dans le conseil, mais là aussi on est dans l’efficacité, je pense que même des joueurs et MJ débutants ne seraient pas perdus à la lecture de ce jeu.

WP_20161030_19_25_32_ProEnsuite, on passe à la partie scénarios qui occupe les deux derniers tiers du bouquin en nombre de pages. Et là, énoooooorme déception !… J’ai un gros chapitre qui comporte 5 scénarios, mais pas des scénarios de JDR, non, des scénarios d’apocalypse zombie…

Chaque partie est divisée en deux sous parties, une première intitulée « apocalypse » qui donne la chronologie des événements, et une deuxième appelée « post-apocalypse » qui donne des pistes pour jouer sur ce setting, car il s’agit bien de ça, des cadres de jeu et pas des scénarios. Alors oui, c’est bien sympa de proposer différentes versions de l’apocalypse zombie, mais quand je vois comment le début du bouquin était sympa, didactique, je suis terriblement déçu par la suite. Alors oui encore, chaque chapitre pose les bases d’une fin du monde possible, la chronologie qui l’accompagne et quelques lieux avec des accroches de scénar en une phrase. Oui, c’est inspirant, ça utilise les clichés du genre, aucun problème, mais de scénar nada, nib, que dalle ! Et là où ça me fâche le plus, c’est par rapport à l’accroche du jeu : jouez vous, vous-même ! Ouais, on se joue soi-même, c’est bien, mais s’il n’y a rien derrière pour exploiter ce thème, il ne représente plus aucun intérêt. Et le pire, c’est que les 5 Fin du monde prévues par Edge en traduction reprennent exactement le même schéma, j’vais pouvoir faire l’impasse sur la suite du coup…

Si on résume

Si on résume ce jeu de rôle, c’est comme un soufflé raté… On le regarde gonfler au four, on en a l’eau à la bouche tellement ça s’annonce bien, et paf ! Le machin se dégonfle et retombe tristement à plat… C’est vraiment l’impression que j’ai eu en lisant ce livre alors que chaque partie prise séparément est bien, voire très bien, il y a une gros manque de cohérence sur l’ensemble, les auteurs tenaient un vrai concept de jeu mais n’ont pas su l’exploiter et en donner la quintessence. Maintenant, le système a l’air de bien tourner sur du one shot et se prête bien au genre, pas la peine de s’en priver, et les accroches de scénar sont plutôt inspirantes alors je vais le garder. Mais au final, j’ai quand même l’impression de rester sur ma faim et c’est bien dommage !

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