Sombre, la peur comme au cinéma

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Sombre est un jeu de rôle ! Si si, c’en est un et je préfère le dire d’entrée parce que tous dans notre petit monde rôlistique ne partagent philosophiquement pas cet avis… C’est un jeu de rôle tout ce qu’il y a de plus classique même, où un meneur fait vivre à un groupe de joueurs un scénario autour d’une table, chacun d’entre eux interprétant son personnage. Ce préambule étant évacué, attaquons maintenant le cœur du sujet, Sombre, de quoi ça parle ? Parce qu’il y a à présent une véritable gamme pour ce jeu, j’ai reçu cette semaine mes exemplaires de Sombre 6 et de Sombre HS1.

La peur comme au cinéma ? C’est à dire ?

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Oui c’est vrai que balancer cette punchline d’un ton péremptoire ça ne veut pas dire grand chose… Mais en fait si ! Johan Scipion, l’auteur de ce petit chef d’oeuvre, s’est fait une spécialité de décortiquer les mécanismes de tous les genres de l’horreur, aussi bien en littérature qu’au cinéma. Ces mécanismes, une fois ouverts et analysés, Johan s’est efforcé de les retranscrire de la manière la plus claire et la plus simple possible dans son jeu. On peut lui reprocher ce qu’on veut, le bonhomme est toutefois d’une persévérance et d’une opiniâtreté hors norme, il le peaufine depuis des années son jeu, une vingtaine je crois depuis l’origine. Et il ne compte ni les heures, ni la sueur dépensée, écumant les conventions JDR de France et de Navarre pour y proposer des  centaines de démos qui sont pour lui autant de tests et d’épreuves du feu pour Sombre.

Aujourd’hui, le jeu se décline, comme je le disais plus haut, en 6 tomes et un hors série, format A5 de 72 pages. Une seule illustration par bouquin (une revue comme il dit), sur la couverture, puis du texte et parfois des éléments à découper. Le HS est un peu particulier en ce sens qu’il s’agit uniquement d’un recueil de courtes nouvelles du même auteur, j’en parlerai un peu plus bas. Le tome 1 constitue le livre de base, celui où est décrit le système, accompagné d’un scénario et de quelques notes de conception. Le tome 6 est un nouveau livre de base consacré à la première variante intitulée Sombre zéro. Les autres numéros sont remplis de matériel : scénarios et aides de jeu, réflexions sur la mise en place d’une partie d’horreur ou encore la vision de Johan sur l’improvisation pour un quickshot. Si vous avez l’intention de tester, ce que je vous encourage vivement à faire si ce n’est déjà fait, l’investissement reste très raisonnable : 10 balles par bouquin, sachant que vous n’en avez vraiment besoin que d’un, le 1 ou le 6 selon la version dans laquelle vous comptez vous lancer.

Comment on joue ?

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Vous allez voir, c’est difficile de faire plus simple… Chaque personnage est défini par deux caractéristiques, le corps et l’esprit, notées sur 20 avec un maximum de 12. Quand on entreprend une action, on lance un d20 et il faut faire en dessous. A mesure que le jeu progresse, comme on joue une victime dans un jeu d’horreur, mes deux jauges baissent et il va devenir de plus en plus difficile de réussir un test. A cela viennent se greffer quelques ajouts tout aussi simples mais qui viennent donner toute la saveur de Sombre. Tous les 4 niveaux de la jauge de corps une case d’adrénaline est activée, la cocher permet de faire un test de corps comme si notre jauge était pleine (à 12 ou moins donc). Côté mental, chaque personnage a une « personnalité » qui se décline en trois niveaux, chaque niveau étant un guide de roleplay pour le joueur. Sur la photo juste au dessus, on voit qu’un personnage discipliné va devenir autoritaire puis tyrannique à mesure que sa jauge mentale descendra, jusque la folie quand elle sera à 0, tout comme la mort arrive lorsque la jauge de corps atteint 0. Un PJ est également défini par un métier, puis un avantage et un désavantage à choisir dans une liste simple et claire.

Une chose qu’il faut bien garder en tête lorsqu’on joue à Sombre, c’est que les chances de survie sont au mieux minimes… Le jeu émule un film d’horreur, et il le fait très bien, par conséquent tout est calibré pour que l’écrasante majorité des personnages y laissent leur peau. D’ailleurs, l’auteur parle plus volontiers de victime plutôt que de PJ.

Une petit mot sur Sombre zéro quand même, qui obtient son livre de base avec le n°6 de la revue. Sombre zéro, c’est le petit frère de Sombre, des règles plus simples encore, une feuille de perso qui se résume à un carré de 5 cm de côté avec un nom et une tagline. Et tout ça pour des parties endiablées de 15 à 60 minutes, sur un bout de table et juste un d6 !

Et les scénarios ?

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Il y a de quoi faire ! Des scénarios il y en a pour tous les goûts dans les différents numéros de la revue. Rien que le scénario du n°1 vaut le détour, une pure histoire de zombies dans la plus grande tradition du genre (dites que ça vous étonne que ça me plaise…). Il est bien ficelé, dynamique et laissera peu de chance de réussite à vos joueurs. Mais il y en a d’autres, et presque autant pour Sombre zéro qui, si elle n’a pas ma préférence, est une variante qui mérite qu’on s’y attarde un peu. Vous voulez faire découvrir le JDR à des amis en moins d’une heure ? Sortez les tuiles de Toy scary (n°5) ou des Grimmies (n°6), un dé et c’est parti, ça devrait rouler tout seul !

Si vous avez un peu de temps, je vous encourage à visiter le site et le forum des Terres Etranges (nom de la maison d’édition qu’a créée Johan Scipion pour Sombre). Johan a structuré le forum de discussion avec la même rigueur que son jeu et on peut y découvrir les résultats très intéressants de nombreux playtests, ainsi que pas mal de scénarios à proposer à à vos victi… joueurs !

Puisqu’on parle de scénario, je vais vous parler de mon chouchou, celui pour lequel je me suis fabriqué tout un tas d’aides de jeux (regardez la photo juste au dessus) : Bring me sun. Paru initialement dans le magasine Di6dent (Hors série 1, spécial scénarios, août 2012), marqué du logo « officiel » et écrit par Badury, ce scénario offre un voyage dans le désert, non loin de la frontière mexicaine, dans une ambiance grindhouse et d’inexorable horreur que ne renieraient pas Tarantino ou Rodriguez. Si vous avez l’occasion de vous procurer ce scénario, jetez vous dessus, c’est une pure merveille à faire jouer.

J’ai l’impression que t’as aimé…

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Plus que ça, j’adore ! C’est bien simple, quand j’ai une partie de JDR annulée, quand on me demande d’animer une partie à l’improviste, la plupart du temps c’est Sombre que je sors. Pour ça je me suis fait mon petit kit du meneur : j’ai imprimé les cartes de plusieurs scénarios de Sombre zéro, quelques scénarios de Sombre classique (dont Bring me sun !), j’me suis fabriqué deux jeux de cartes reprenant la totalité des avantages, désavantages et personnalités, et finalement, ma chérie m’a cousu une jolie pochette dans laquelle je peux ranger tout ce matos. Ainsi préparé, je peux aborder sereinement n’importe quelle soirée JDR !

Plus sérieusement, vous savez que je suis fan d’horreur, de zombies, ce genre de choses… En matière de JDR, je n’aime pas, quand je suis MJ du moins, les systèmes lourds. Sombre est donc arrivé à point nommé comme exactement ce qu’il me fallait. En plus, lire les revues est un vrai régal car, en dehors de son jeu, Johan nous fait découvrir les coulisses de la création, ses secrets de meneur et d’improvisation, ses comptes rendus de partie, tout ! C’en est presque trop, mais c’est vraiment un plus très appréciable. Dernièrement, j’ai reçu et lu le recueil de nouvelles de l’auteur, Sombre HS1, pas vraiment du JDR donc mais tout à fait dans le thème. A la lecture c’est… euh… en plein dans le genre horreur, et donc pas pour les âmes sensibles, c’est certain. Personnellement, j’ai plutôt apprécié la prose littéraire de Johan, même si toutes les nouvelles ne se valent pas, on va du à peine moyen au vraiment très très bon. En tout cas, là aussi pour 10€, ça ne vaut pas le coup de se priver ! Dans le même temps j’ai reçu Sombre 6, un nouveau livre de base dédié entièrement à Sombre zéro. Il contient 2 scénarios très sympas, un premier qu’on peut jouer avec des enfants et un deuxième que j’aime énormément dont l’univers un un conte de fée résolument noir.

Pour terminer cet article, je dirai finalement que je n’ai qu’une chose à reprocher à Sombre : l’auteur est un perfectionniste, un vrai, mais trop. Playtester des dizaines de fois un même scénario, ce n’est vraiment pas ma façon de faire. Mais soit, chacun sa vision, et je ne vais pas m’en plaindre vu la qualité du bousin. Le perfectionnisme pousse aussi Johan à surprotéger son jeu, c’est son bébé c’est vrai, mais il ne lâche rien du tout. Pas de pdf des cartes de personnalité à dispo par exemple, et si on veut faire une production amateur pour le jeu, il faut s’attendre à avoir un œil inquisiteur toujours derrière l’épaule, moi je ne peux pas. C’est vraiment le seul côté que je trouve dommageable, même si les raisons sont compréhensibles, parce qu’on a là une vraie perle en matière de jeu de rôle, qui gagne à être connu, et surtout à être joué !

Sombre c’est bon, mangez-en !!!

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