Yggdrasill : sang et fureur !

yggdrasill
Il y a certains jeux dont on n’est pas forcément client et qui finissent par vous marquer. Pour quelques uns de mes amis Yggdrasill a été de ceux là ! Le thème avait tout pour me plaire forcément mais ce n’était pas gagné pour tout le monde. Quand j’ai proposé le jeu, ils n’étaient pas tous emballés, alors plutôt que de partir sur une campagne je lance le scénar d’intro en one shot avec les prétirés du livre de base comme personnages. Et là c’est le pied absolu, j’ai une équipe de joueurs du feu de dieu, qui s’éclatent vraiment dans leurs rôles et dans l’univers si particulier d’Yggdrasill. Nous voila donc partis pour une longue campagne héroïque plein de rebondissements, d’intrigue, des sexe, de sang et de fureur !

A furore normannorum libera nos Domine

ygg couvBon c’est vrai, cette citation remonterait aux environs du Xe siècle et le cadre historique d’Yggdrasill situe le jeu au moins deux cents ans plus tôt. Mais quand même,à peine le livre de base ouvert, on ne peut pas s’empêcher d’y voir tout le background et l’iconographie de la série télé « Vikings » ! Et ce n’est finalement pas un mal, même si on torture un peu la cohérence historique du jeu et, à moins d’être un historien pointilleux, c’est n’est pas vraiment gênant pour en profiter. Yggdrasill nous propose de jouer des héros, ceux de la mythologie scandinave, des femmes et des hommes dont les scaldes conteront les exploits longtemps après leur mort et qui n’avaient pas peur de l’affronter car ils savaient que leur destin était déjà écrit. C’est un jeu basé sur un solide fond histoire bien documentée, le tout saupoudré d’une touche de fantastique, étroitement liée aux croyances de l’époque, que le meneur est libre d’utiliser ou non. En gros, vous choisissez si vous jouez avec la magie ou non. Bon, il faut avouer que ce serait dommage de se priver de cet aspect si particulier de l’univers, et ça demanderait aussi pas mal d’adaptation pour qui voudrait jouer la campagne proposée tout au long des suppléments du jeu. Mais la campagne, je vous en reparle plus loin !

Odiiiiiiiiiiiiiiiiin !

ygg 3Abordons maintenant rapidement le système de jeu. une grosse poignée de caractéristiques, des compétences et des d10. La base du système est relativement simple, on lance autant de d10 que son score de caractéristique, on en garde deux auxquels on additionne le score de compétence pour dépasser un seuil de difficulté. La furor, une caractéristique dérivée servant à la fois de réserve magique et d’adrénaline permet de se dépasser et de lancer et garder plus de dés. La même chose est possible si les actions du personnage sont en accord avec son destin (élément très important de la mythologie scandinave). En effet, lors de la création de personnage, le joueur tire trois runes qui joueront un rôle primordiale dans sa vie, un peu comme si on lui tirait les cartes d’un tarot mystique. Chaque rune est associée à un thème ou un mot que le joueur (ou le MJ) peut utiliser pour orienter l’histoire. Souvenez vous de l’Illiade, Thétis dit à Achille que s’il ne va pas à la guerre, il vivra vieux, aura des enfant et des petits enfants qui l’adoreront mais personne d’autre ne se souviendra de lui. S’il va à la guerre, il y mourra mais on se souviendra de son nom pendant des centaines d’années. C’est un peu ça qu’on nous fait jouer dans Yggdrasill, des héros version XL dont le destin est en partie tracé.
La magie, les berserkrs, les prouesses de combat, tout fonctionne plus ou moins de la même manière et si le système de jeu n’est pas révolutionnaire, il fait tout à fait correctement le travail pour peu qu’on ne soit pas allergique aux additions.

Rise to meet your fate
Ragnarök awaits

ygg 2(extrait de « Twilight of the thunder god » de Amon Amarth)
Laissez moi vous parler en quelques mots de la campagne de jeu, distillée tout au long des six suppléments de la gamme… Tout d’abord ce n’est pas une campagne, mais deux en réalité qui nous sont proposées, la première prenant place sur la quatre premiers suppléments, la deuxième s’étalant sur les deux derniers. On est dans de l’épique, de l’héroïque ! Les personnages sont d’entrée plongés dans des intrigues qui vont leur faire jouer un rôle essentiel dans l’histoire du royaume du Danemark, et soyez certains qu’il y a bien quelque chose de pourri ici… D’exploits en trahisons, de la gloire au bannissement (honte suprême chez les hommes du nord), les héros sont malmenés tout en étant amenés à découvrir quasiment l’ensemble de la Scandinavie ainsi que les territoires frontières. A mesure que la campagne progresse, en plus des intrigues politiques, nos PJs découvriront également toute la partie fantastique de cet univers fascinant (d’où le fait d’adapter la campagne dont je parlais plus haut, si vous voulez jouer sans fantastique). Oubliez Donjons & Dragons, mais je peux quand même vous dire qu’ils seront amenés à combattre des géants, des sorcières, un demi-dieu et autres joyeusetés. C’est bien simple, cette campagne je l’ai trouvée fabuleuse, tant par sa construction que par la découverte pour les joueurs.
La deuxième campagne (je vous invite à effectuer quelques recherches sur Hrolf Kraki pour en appréhender le contexte), plus courte, propose aux joueurs d’incarner les descendants de leurs premiers PJ car elle se déroule plusieurs dizaines d’années plus tard. Bien entendu, plusieurs solutions sont proposées pour ça, dont certaines vous paraîtront évidentes à la lecture. Et l’ensemble se termine dans un final digne des grandes épopées nordiques. Pour moi, cette campagne est vraiment un must have.

Deux vraies sagas

ygg 1Yggdrasill est une gamme fermée, c’est à dire qu’il y a un livre de base, un écran de jeu et six suppléments, qui traitent chacun d’un aspect du monde nordique. Et c’est tant mieux, d’autant que pour ceux qui veulent s’y lancer dès à présent tout est déjà sorti. Au menu nous avons donc :

  • Livre de base : selon ce que vous trouvez, collector, édition classique ou réimpression en couverture souple, ou même pdf. Il est complet et se suffit à lui-même.
  • Ecran : juste splendide, une illustration de Marc Simonetti que j’adore ! L’écran est accompagné d’un livret comprenant un scénario et quelques aides de jeu.
  • Les 9 Mondes : ici on aborde le fantastique scadinave avec les « univers parallèles » de cette mythologie, des idées pour rendre des races fantastiques jouables et surtout un excellent scénario qui lance véritablement la campagne, et un autre, jouable indépendamment.
  • Rois des mers : on nous parle de mer (si, si !), des métiers liés et des autres peuples qu’on peut rencontrer lorsqu’on est une culture de marchands et de navigateurs. Deux scénarios de nouveau, pour la campagne ou jouable indépendamment.
  • Uppsala : c’est la description de la capitale mythique de l’ancienne Suède. Très détaillé sans être imbouffable, j’ai adoré ! Comme pour le reste, deux scénarios sur le même principe.
  • Le fils d’Halfdan : pour ce supplément, on ne fait pas dans le détail, c’est la fin de la campagne ! Epique et fantastique ! Toute l’histoire de la couronne du Danemark trouve sa conclusion dans cet épisode. Rien que pour ce final la campagne entière vaut le coup.
  • Hrolf Kraki parties 1 & 2 : Ces deux livres forment une seule et même campagne qui se déroule une trentaine d’années après la première et permet aux joueurs d’incarner les descendants de leurs premiers PJ. Personnellement, j’ai adoré ce principe ! Si j’avais trouvé la première campagne héroïque, celle-ci, bien que plus courte, va clairement établir les personnages comme étant les compagnons du Hrolf Kraki de la saga, autant vous dire que le final est grandiose et que les joueurs seront fiers de la place de leurs alter ego au Valhöll.

Le mot de la fin

Yggdrasill a été pour moi un vrai coup de cœur à la lecture du livre de base, et si je n’avais pas séduit mes joueurs par une diatribe enflammée, la première partie que nous avons faite s’en est chargée. Nous avons eu énormément de plaisir à joueur dans cet univers, le jeu nous a réellement transportés ailleurs à chaque séance, c’était très immersif. Franchement, si vous avez le temps, ou l’occasion d’y jouer, faites le, ne prenez pas une imitation. Et surtout, je vous conseille sincèrement de jouer la campagne, qui est tout bonnement digne d’être contée a posteriori par les meilleurs scaldes du Danemark.

Et même si encore une fois, ce n’est pas l’époque en question, pour le plaisir des yeux une petite vidéo inspirante…

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