Le retour du Dragon

D&D5 - le tryptique
Oui je sais, il y a déjà de longs mois qu’elle est sortie cette cinquième édition du vénérable ancêtre… Mais bon, pour en faire une petite chronique, il me fallait de la matière, au moins le traditionnel triptyque. C’est chose faite, j’ai récupéré ça, et même le premier scénario en VF la semaine dernière. Malheureusement, je n’ai pas encore l’écran qui est en rupture un peu partout. Les choses étant énoncées, si on attaquait la chronique maintenant, Dungeons & Dragons 5 a-t-il quelque chose dans le ventre ? Enfin la question est surtout de savoir si cette édition propose quelque chose de nouveau et si on possède une ou plusieurs des éditions précédentes, est-ce que ça vaut le coup d’investir ?

Les écailles du dragon

D&D5 players guideAvant de parler du ramage, évoquons un peu le plumage… Dungeons & Dragons est sans conteste le jeu le plus vendu au monde, et très certainement le plus joué aussi. Il y a derrière un éditeur américain qui a les moyens de ses ambitions. Pour les versions dans une autre langue que celle de Trump, le choix a été relativement simple, on prend la même couverture, la même maquette, le même titre et on y colle un sous-titre dans la langue de destination. Pour le fameux triptyque, pas de surprise, c’est traditionnellement de cette manière qu’on accède à l’ensemble du jeu depuis Advanced Dungeons & Dragons, premier du nom. Nous avons là trois beaux livres épais et en couleur, au même format que l’édition originale. Les illustrations sont magnifiques et bien dans l’esprit du jeu (mais ça, on en a l’habitude quand même), le papier de qualité et la reliure à l’avenant. Bref, d’un point de vue esthétique et qualité du produit, il n’y a pas tromperie, c’est du beau matos solide et agréable à lire.

Le souffle du dragon

D&D5 dungeon master guideQu’y a-t-il donc dans ce fameux triptyque ? Attaquons le vieux dragon avec méthode et commençons par le Player’s Handbook, le manuel des joueurs. Toute la base est contenue dedans, création de personnage, équipement, règles du jeu de magie, de voyage et une liste de sortilèges longue comme un jour sans pain où les habitués se retrouveront sans peine. Au niveau des règles, on ne sort pas de la zone de confort, 1D20 + un score d’attaque ou de caractéristique pour atteindre ou dépasser un seuil de difficulté et c’est dans la poche. On trouve un ingénieux système d’avantage / désavantage très simple, que j’aime beaucoup : plutôt qu’une longue liste de bonus et malus, on lance 2D20 et on ne retiendra que le meilleur si on est avantagé, le moins bon si on est désavantagé. Simple et efficace. Pour les compétences, la liste est vraiment réduite par rapport aux éditions précédentes et ce n’est pas un mal. Autre élément nouveau à noter, l’introduction d’historiques de personnages apporte un peu de finesse et donne du jeu, de même que la variété des archétypes proposés pour chaque classe de personnage permettent de différencier vraiment un guerrier d’un autre. En dehors de la liste de sorts, aussi rébarbative qu’un dictionnaire, l’ensemble des 300 et quelques pages se lit sans aucune difficulté, c’est clair simple et précis.

Avec le Dungeon Master’s Guide, le guide du maître, on entre dans le secret des dieux. Ouais, c’est un peu pompeux c’est vrai, d’autant que j’ai toujours trouvé qu’il s’agissait de l’ouvrage le plus dispensable de la gamme, quelle que soit l’édition, et ça ne change pas pour la cinquième. C’est un gros traité de conseils pour mener correctement une partie de D&D. Quel univers de jeu choisir ou créer, comment le créer ? Comment créer un scénario et le mettre en place, créer ses PNJs des intrigues liées etc… C’est tout ça que vous trouverez dans ce livre. Si vous débutez dans le jeu de rôle, ou plus exactement dans le rôle de meneur de jeu (on dit Maître du Donjon ici !), cet ensemble de conseils sera probablement une mine d’or pour vous, en revanche, si vous êtes un meneur déjà expérimenté, les trois quarts du livre ne seront que des redites. Bref, le contenu est bon et pertinent, mais pas indispensable pour tout le monde.

D&D5 monster manualSi le guide du maître n’est pas incontournable, le Monster Manual, le manuel des monstres l’est lui ! Plus de 150 monstres pour peupler vos aventures, c’est un superbe bestiaire dans lequel on se retrouve facilement (classement alphabétique des créatures). Je vous avais dit qu’il y avait un beholder en couverture aussi ?… Malgré l’aspect catalogue de l’ouvrage, on prend néanmoins un grand plaisir à le lire, en tout cas moi j’ai adoré, c’est clair, c’est détaillé et les monstres ne sont pas présentés comme de simples blocs de statistiques à envoyer contre les joueurs. C’est bien foutu, et c’est surtout indispensable si vous voulez peupler vos aventures d’antagonistes intéressants et bien construits. Je mettrai même une petite mention spéciale au focus sur les PNJs fait en fin d’ouvrage, c’est très pratique.

Le coeur du dragon

En se lançant dans Dungeons & Dragons aujourd’hui on peut rapidement être perdu… Entre D&D5 l’original, Héros et Dragons à venir de chez Blackbook Editions, ou Dragons de chez Agate, on ne sait que choisir. Et je ne vais pas vous aider. Et non, moi j’ai choisi l’original et je n’ai pas lu les deux autres. J’ai simplement lu quelques critiques ici et là et visiblement si la version Blackbook reste proche, Agate a choisi de s’éloigner un peu du standard. En revanche, je peux vous parler des éditions précédentes de notre vénérable dragon. Cette dernière version marque un retour aux sources par rapport à la quatrième édition qui lorgnait fortement vers les MMORPG, pour se rapprocher de la très célèbre version 3.5 mais en la modernisant et en la simplifiant de manière très élégante. J’ai parlé en haut d’article de la règle des avantages / désavantages, mais au registre des simplification, on trouve aussi les fameux « jets de sauvegarde » qui sont directement indexés sur une caractéristique maintenant, ou encore les talents (compétences) dont le calcul est simplifié et qui restent optionnels. Si je devais résumer je dirai que D&D5, c’est D&D3.5 auquel on a retiré du gras pour se rapprocher de la première boîte rouge, tout en introduisant quelques rafraîchissantes nouveautés qui rendent le jeu moderne. De mon point de vue, D&D5 est une superbe réussite, aussi bien sur le plan visuel que sur le contenu !

Les œufs du dragon

Je passe volontairement sur les divers accessoires comme les cartes de sorts ou autre, c’est certainement pratique mais pas ma came finalement. Cependant, en jetant un œil à la gamme anglophone et au programme pléthorique de l’éditeur, on peut se dire qu’on va être servi niveau suivi ! En VF, on commence par un monstrueux scénario : Tomb of Annihilation !

D&D5 - scenar1Sur le même format que le triptyque présenté plus haut, le livre est superbe et contient en outre une immense carte recto verso au quadrillage hexagonal des lieux du scénario. Plus qu’un scénario, on parle là d’une petite campagne pour personnages de niveaux 1 à 10. Je viens tout juste d’en achever la lecture, je ne l’ai donc pas encore fait jouer, mais je peux vous assurer que je le ferai ! Sans en dévoiler l’intrigue, somme toute assez classique, l’intrigue sera un dépaysement complet pour les joueurs puisqu’ils seront amenés à explorer les sombres jungles de Chult, une région des Royaumes Oubliés. D’ailleurs, plus qu’un scénario, le livre est aussi un petit guide de cette partie de cet univers D&D qui a fait les riches heures d’AD&D 2e édition (en tout cas, moi j’ai exploré les Royaumes Oubliés de nombreuses années avec cette version).
Bien sûr il y a du donjon à explorer, à l’ancienne, mais finalement ce n’est pas la majeure partie de l’intrigue et je crois que ce ne sera pas trop lourd à effectuer. En revanche, peut-être n’ai-je pas encore assez d’expérience pour l’évaluer correctement, il me semble que le taux de mortalité risque d’être élevé chez les PJ. Au moment où sort un énième blockbuster sur les dinosaures clonés, une balade parmi les dinosaures du Chult sera plutôt tendance, d’autant qu’ils sont autrement plus badass ! En bref, plaisant à la lecture, on s’imagine aisément les scènes à venir, j’espère qu’il le sera tout autant en jeu, le livre est très prometteur en tout cas.

La queue du dragon

Si vous attendiez la fin de l’article pour savoir s’il fallait vous lancer, la réponse est OUI ! Franchement, le lifting opéré sur les règles, la fluidité du jeu et la simplicité à adapter n’importe quel univers de High Fantasy font de la cinquième édition de Dungeons & Dragons un incontournable ! Le vénérable monstre a effectué sa mue et il est revenu encore plus performant qu’aux meilleurs moments de la version 3.5 ! Alors oui, je joue aussi à Chroniques Oubliées, ou même à Symbaroum pour rester dans le medfan, mais ça aurait été dommage de ne pas franchir le pas, D&D ça reste la base pour un rôliste de la vieille école comme moi ! Pour tout dire, j’attends fébrilement de pouvoir me prendre l’écran qui me manque et guetterai les futures sorties, surtout les scénarios et/ou suppléments de contexte, niveau règles le triptyque est suffisant à mon sens.

A bientôt et bon jeu à tous !

Donjons-et-Dragons-5

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